LE PYROMANE SANDHEERE
Par Bachir111
La région du Galbeed est aujourd’hui en proie à une instabilité croissante. Au cœur de cette dégradation : les agissements et les prises de position du ministre de l’Intérieur, Abdallah Sandheere, dont les déclarations jettent de l’huile sur le feu au lieu d’apaiser les tensions.
Des propos qui attisent la discorde
Au lieu d’œuvrer à la cohésion, le ministre multiplie les sorties médiatiques aux accents communautaires. Ses propos, loin de rassembler, contribuent directement à alimenter les hostilités et à creuser le fossé entre les différentes composantes de la société somalilandaise.
Or, l’expérience montre qu’une paix durable ne se décrète pas. Elle se construit.
Revenir aux fondamentaux : justice et respect
Le calme ne reviendra au Galbeed que si l’on s’attaque enfin aux causes profondes du malaise :
1. Le respect des cultures et des traditions
de l’ensemble des communautés qui composent le Somaliland.
2. Le rétablissement de la justice par une participation réelle et équitable de toutes les communautés à la gestion des affaires publiques.
Tant que ces deux piliers resteront ignorés, toute initiative de réconciliation ne sera qu’un écran de fumée.
Cesser de désigner l’extérieur comme responsable.
Il est illusoire de vouloir régler ses difficultés internes en accusant les pays voisins. Cette stratégie de diversion ne fait qu’aggraver la crise de légitimité.
M. Sandheere devrait également se rappeler d'une réalité géopolitique élémentaire : le Somaliland n’est pas un pays reconnu par la communauté internationale. Dans ce contexte, invoquer une remise en cause des frontières africaines, héritage intangible du droit international, relève d’une dangereuse fuite en avant. Dire- Dawa, que le ministre méprise aujourd’hui, fut pourtant le berceau où le Somaliland a été pensé et où le SNM a scellé sa victoire et cela grâce -en partie- à lUgas des Cise Ugas Hassan Hersi ( paix à don âme).
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QUI ÉTAIT L'UGAAS HASSAN HERSI ?
Ugaas Hassan Hersi (décédé en 1994) fut l'Ugaas suprême de la communauté Ciise , porteur traditionnel de la couronne selon la coutume du Xeer Ciise. Autorité morale reconnue bien au-delà de sa seule communauté, il était considéré comme le gardien des lois coutumières Ciise et comme une figure de sagesse pour l'ensemble du monde somali.
Son action est restée dans les mémoires pour deux faits majeurs :
1. Au plus fort de la répression de 1988, il fut l'une des rares autorités traditionnelles à lancer un appel public pour porter secours à la population Isaaq victime d'exactions.
2. En 1993, il convoqua et présida à Dire-Dawa une grande conférence de réconciliation nationale somalie, qui le reconnut à l'unanimité comme guide moral du peuple somali.
Symbole d'une culture de paix, son héritage reste central pour la communauté Ciise.
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L’heure est à la raison
Le Somaliland a besoin d’apaisement, pas d’incendiaires. Il a besoin de dirigeants qui rassemblent, pas de discours qui divisent. Vouloir imposer aux Ciise des sultans fantoches tenus en laisse ne fera qu’aggraver la fracture.
Pour la stabilité du pays et l’avenir de ses citoyens, il est temps que les autorités reviennent à la raison, au dialogue et au respect mutuel. L’alternative serait de laisser le feu couver.
« Ninka dhuumanayee dhabarku muuqdoow waa Dharaar lagu dhawrayaaye!!»
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